Ma Gorée d’exil

J’y étais! J’étais à Gorée. Mes pas ont frôlé cette terre, mes narines ont humé cet air, mon regard a gouté à sa mer… Après avoir écrit 9 poèmes sur l’île, j’ai toujours envie de pleurer, mais surtout de danser, de chanter, de sauter, de m’évader. Mon choix a été difficile, ce poème n’est pas le meilleur, il n’est non plus le mauvais. Je l’ai choisi pour vous:

La mer vue de la porte sans retour- by Josiane Kouagheu-

La mer vue de la porte sans retour- by Josiane Kouagheu-

 

Ma Gorée d’exil

 

La mer était calme ce jour

Comme l’innocent Bonjour

Du sourire d’amour

Sur les lèvres d’enfant.

Les vagues s’étaient adoucies

Un soleil s’était invité

Sur un ferry,

Qui allait quelque part

Sur la baie de Dakar.

Et soudain

Au lointain

J’ai aperçu un bloc de terre

Clair comme un verre

 

A pas de tortue

L’âme perdue

J’ai frôlé Gorée

Jadis l’île aux esclaves,

Pleine de spectacles

Il y avait la mer et le sable

Le sable et la mer

J’étais à Gorée

Solitaire et pourtant au milieu des autres

Ma Gorée étendait sa force

Comme un matin de printemps

Fière.

 

Dans sa maison d’esclaves,

L’âme apeurée avait disparu

Les corps mitraillés s’étaient perdus

Dans la mer.

Oh ! Que de souvenirs!

J’ai poussé des soupirs

Et aucun coup de fouet

N’a ébranlé ma tranquillité

Mes pas ont fait des bruits

Et nul n’a emprisonné mes nuits

Je suis allée à la porte sur la mer

La dernière qui jadis me reliait à ma chair,

Sans crainte d’aller vers d’autres terres

Inconnues comme le visage du passant

Imprévisibles comme le nouveau matin

 

Et des images ont hanté

Mon esprit plongé dans le passé

Point de mains enchaînées

Point de maîtres déchaînés

Point d’âmes enragées

Juste une Gorée de souvenirs

 

Je n’étais plus un homme

Je n’étais plus une femme

Je n’étais plus un enfant

Je n’étais plus un récalcitrant

A Gorée, j’étais un visiteur

Libre comme ses enfant-nageurs

Fier comme ses malins pêcheurs

 

J’ai croisé des souvenirs

J’ai dialogué avec l’histoire

Je ne voulais plus partir

J’avais trouvé mon reposoir

 

A Gorée, ma terre d’exil

Chez elle, mon âme est en exil

Comme l’hirondelle au champ de mil

Oh Gorée, Gorée! Ma Gorée d’exil !

 

Dakar, un petit matin du 9 avril 2013.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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josianekouagheu
Cet espace est une tribune pour moi; de montrer ce qui se passe dans mon pays, ma ville et mon quartier. A bord de mon blog, je parle de ce qui me tient à cœur, de ce qui ne va pas dans mon pays et surtout de ce qu'il faut faire....

14 Des réflexions sur “Ma Gorée d’exil

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