Ma bog-expo II: Douala, cette ville-poubelle

La ville de Douala est-elle seulement ces belles maisons qu’on croise dans ses quartiers huppés ? Le poumon économique du Cameroun est-il uniquement ces immeubles du centre des affaires qu’est Bonanjo ? Chers lecteurs et lectrices, j’ai décidé de vous promener à travers des images qui parfois vous choqueront, dans l’autre Douala, cette ville-poubelle. Je vous l’avais dit, je ne blogue pas qu’en écrivant des billets, mais aussi en prenant des photos et vidéos. Bienvenu au cœur des quartiers bidonvilles de la porte d’entrée et de sortie d’un pays qui aspire à l’émergence à l’horizon 2035. Bienvenu dans ma bog-expo II…

Situé à quelques mètres de l’aéroport international de Douala, le quartier Newtown aéroport est surnommé par ses habitants « poubelle de Douala ». Dans ce lieu, environ 70% de la population n’a pas de toilettes. Certains font des selles dans les drains et dans des sachets qu’ils déversent dans la rue parfois. Morceaux choisis :

Des toilettes sans fosse sceptique. On fait les selles directement dans le drain. Crédit-photo @JosianeKouagheu

Des toilettes sans fosse sceptique. On fait les selles directement dans le drain. Crédit-photo @JosianeKouagheu

Des porcheries et des toilettes se jouxtent. Les excréments des habitants et des porcs vont directement dans le drain. Crédit-photo: @JosianeKouagheu

Des porcheries et des toilettes se jouxtent. Les excréments des habitants et des porcs vont directement dans le drain. Crédit-photo: @JosianeKouagheu

Vue des toilettes d'une habitation. Crédit-photo: @JosianeKouagheu

Vue des toilettes d’une habitation. Crédit-photo: @JosianeKouagheu

Autre image des toilettes au 21ème siècle dans la ville-poumon économique du Cameroun. Crédit-photo: @JosianeKouagheu

Autre image des toilettes au 21ème siècle dans la ville-poumon économique du Cameroun. Crédit-photo: @JosianeKouagheu

Pendant que certains enfants urinent dans des mares d’eau stagnantes aux odeurs nauséabondes, d’autres y pèchent des petits poissons…

Insouciants, ces petits enfants pêchent dans des mares d'eau stagnantes à la couleur noirâtre. Crédit-photo: @JosianeKouagheu

Insouciants, ces petits enfants pêchent dans des mares d’eau stagnantes à la couleur noirâtre. Crédit-photo: @JosianeKouagheu

Pendant que certains y urinent, d'autres y jouent. Crédit-photo: JosianeKouagheu

Pendant que certains y urinent, d’autres y jouent. Crédit-photo: JosianeKouagheu

Bilongué, un quartier où les habitants vivent au milieu d’ordures….

Âge d'à peine deux ans, un petit garçon fouille un tas d'ordures. Il enfoncera par la suite son pouce avec lequel il fouillait dans la bouche. Crédit-photo: @JosianeKouagheu

Âge d’à peine deux ans, un petit garçon fouille un tas d’ordures. Il enfoncera par la suite son pouce avec lequel il fouillait dans la bouche. Crédit-photo: @JosianeKouagheu

On déverse des ordures devant une maison. Le propriétaire des lieux, assis à quelques mètres, ne dit mot. On l'a compris, on vit au milieu d'ordures à Bilongué. Crédit-photo: @JosianeKouagheu

On déverse des ordures devant une maison. Le propriétaire des lieux, assis à quelques mètres, ne dit mot. On l’a compris, on vit au milieu d’ordures à Bilongué. Crédit-photo: @JosianeKouagheu

Des ordures jetées dans le drain bouchent cette principale voie de canalisation d'eau dans le quartier. Crédit-photo: @JosianeKouagheu

Des ordures jetées dans le drain bouchent cette principale voie de canalisation d’eau dans le quartier. Crédit-photo: @JosianeKouagheu

Pénétrante Est de Douala, sur l’axe Douala-Yaoundé. Bobongo, un quartier où les habitants fuient à l’approche de la saison des pluies…

Des eaux usées et de ruissèlement sorties des toilettes se déversent sur la route empruntée par les enfants et adultes. Crédit-photo: @JosianeKouagheu

Des eaux usées et de ruissèlement sorties des toilettes se déversent sur la route empruntée par les enfants et adultes. Crédit-photo: @JosianeKouagheu

Des habitants ont mis du sable dans des sacs pour construire une route. Crédit-photo: @JosianeKouagheu

Des habitants ont mis du sable dans des sacs pour construire une route. Crédit-photo: @JosianeKouagheu

Des eaux souillées s'écoulent des latrines d'un domicile et se déversent dans les rues. Crédit-photo: @JosianeKouagheu

Des eaux souillées s’écoulent des latrines d’un domicile et se déversent dans les rues. Crédit-photo: @JosianeKouagheu

Vous venez de parcourir ma deuxième collection. Que dis-je, ma 2ème blog-expo. C’est juste le début d’une longue série. Douala tout comme le Cameroun a tellement de lieux à faire découvrir. Il s’agira parfois des lieux touristiques, des endroits merveilleux et souvent des images poignantes comme celles-ci. Mais, dans tous les cas, ce sera une nouvelle blog-exposition. A bientôt…

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Cet espace est une tribune pour moi; de montrer ce qui se passe dans mon pays, ma ville et mon quartier. A bord de mon blog, je parle de ce qui me tient à cœur, de ce qui ne va pas dans mon pays et surtout de ce qu'il faut faire....

26 Des réflexions sur “Ma bog-expo II: Douala, cette ville-poubelle

    • Malheureusement Judith, cette insalubrité gagne du terrain. Et il y a comme une démission des pouvoirs publics tu sais. Je voulais montrer à quoi ressemblent nos grandes capitales, surtout la mienne Douala. Merci de ton passage!

  1. Toujours aussi accrochant les textes et les problématiques y évoquées.
    En tant qu’environnementaliste j’ai beaucoup de froideur et de respect pour ceux 80% des gens qui parviennent à vivre en relative santé dans une ville comme Douala. Tenez vous traquille: Douala se noit progressivement sous la montée du niveau des océans sur la terre.

    Merci de l’article,

    Polain

  2. Très bonne collection!!
    le problème matérialisé par ces images est très grâve Josiane. chacun a une responsabilité vis-à-vis de ce que vous avez filmé. la communauté urbaine et les mairies d’arrondissement qui par leur laxismes ou avidité ont laissé les populations aménagées dans ces sites internet (car à haut risque pour les habitations). La population parfois par ignorance et incivisme, s’est laissée allez par les ordures qui déversées dans les drains ont obstrués la circulation des eaux. stangant se sont développéses les larves de moustiques avec ses corrolaires de maladies. la solution a cette promuscuité n’est rien d’autre qu’une prise de consciences tant pour la population que pour l’Etat. un changement de mentalité est urgent. Car avec ce que nous voyons sur les images, seul Dieu sauve et suavera les populations qui y vivent.
    Great job.

    • Tu as tout dit Nestor, chacun a une responsabilité. Malheureusement, ces responsables (Cud…) ne comprennent pas qu’ils doivent sauver des vies. A Douala, ils savent seulement casser des maisons, comme c’est le cas avec la Communauté urbaine de Douala et les mairies. Mais, que font-ils après? Rien. La population se meurt dans les quartiers, par ignorance pour la plupart. Merci de ton passage!

  3. Beaucoup de métropoles connaissent ce phénomène qu’est la taudification. Merci Josiane pour ce partage. J’espère que cela trouvera un écho favorable auprès des autorités pour une éventuelle restructuration de ces quartiers précaires.

  4. Salut Josy, L’Etat a sa part de responsabilité mais les populations peuvent et doivent aussi s’autoéduquer. C’est un travail de sensibilisation que tu peux commencer surplace avec même une petite équipe de jeunes. C’est des problèmes comme cela que les entrepreneurs d’un côté et les organisations de l’autre essayent de résoudre sous d’autres cieux, on attendra pas toujours l’Etat qui est défaillant de nos jours. C’est devenu un problème de survie, la course contre la montre…

    • Tu sais Nathyk, quand je faisais ces différents reportages dans ces quartiers, j’ai voulu savoir pourquoi le quartier était ainsi alors qu’il y avait des services de nettoyage. J’ai fait cette collection dans ce sens. Avant, il y a eu une série de reportages. La sensibilisation est à tous les niveaux. Je l’ai compris et c’est pourquoi j’ai fait ces photos (je le répète). Montrer aux Camerounais, à nous, dans quelles conditions nous vivons. On n’attendra pas toujours l’Etat, incapable déjà de résoudre les problèmes élémentaires. Nathyk, je n’aime pas trop parler de mes actions publiquement, mais, je te dirai en privé ce que je fais déjà à mon niveau pour que déjà, la population prenne conscience de ce qu’elle gagnera à vivre dans la propreté. Et je le redis, j’ai fait ces photos pour que nous tous, prenions conscience que nous devons tous sensibiliser pour vivre dans un bon environnement. Merci de ton passage!

        • Tu sais Nathyk, à l’allure où va notre pays, je me dis que nous devons cesser de rêver. Dire des choses telles qu’elles. Mais, surtout, agir. Et je ne te mentirai pas, c’est le blogging qui me l’a appris. Je suis juste triste que certaines personnes continuent de croire que peindre son pays tel qu’il est mauvais signe!

          • Si nous n’agissons pas maintenant, nos enfants vont vivre dans un cauchemar pire que le notre ! Rien qu’à voir ces photos, c’est clair que l’heure est grave.

          • Toi par contre, tu le comprends. Malheureusement, depuis hier, je reçois des messages des personnes qui ne cessent de me dire que « je chasse le tourisme au Cameroun », « que toute vérité n’est pas bonne à die », que je dois « aimer mon pays tel qu’il est ». Et je leur ai dit ceci: « je ne pense pas aimer mon pays (Cameroun), mieux, plus, ou moins qu’un autre camerounais ». Je préfère encore dévoiler et agir que cacher. Nathyk, depuis hier, je reçois des choses terribles!

        • Courage. Ignorer un problème ne peut concourir à le résoudre, il faut en discuter pour trouver une solution. Ici le danger qu’encoure les populations est trop grand pour être ignoré.

  5. Sois en sur Josy, ensemble nous vaincrons!
    L’Etat seul ne peut pas y parvenir. Le gros bobo est que beaucoup de nos concitoyens restent bras croses, attendant l’Etat sans rien faire! Nous devons, chacun a son niveau comme tu le fais, rendre l’environnement salubre,Ce n’est que l’ensemble de ces efforts qui peut rendre notre environnement vivable.
    Fondamentalement,
    1. L’autre ou autrui (L’Etat comme ils disent) ne viendra jamais nottoyer ma maison, ma concession, currer les rigoles qui jouxtent ma maison.
    2. (………….) ne viendra pas non plus me faire des lattrines…
    3…..

    • Vraiment, vous comprenez ce qu’il faut faire. « LEtat ne viendra jamais nettoyer ma maison ». Bien dit Erve et j’ajoute souvent: « L’Etat ne viendra jamais compatir avec moi si je perds un proche dans cette insalubrité ». C’est à nous de faire ce travail. Je suis très heureuse ce soir. Tout simplement parce qu’il y a des personnes qui pensent que la construction de notre pays, on la fera ensemble. Et qui pensent que décrire nos réalités, ce n’est pas signe de chasser les touristes, de ne pas aimer son pays ou alors de trahison! Il faut construire, agir!

  6. Douala, Damko… c’est comme ça que dans mes souvenirs, nous nommions cette ville. Combien de fois avions-nous rêvé de venir y passer des vacances. Douala, c’était notre Paris. Le temps a passé et la réalité nous saisit au coup comme un coup de marteau reçu sur le crâne. la promiscuité, la prostitution, la poubelle,… tous nous étonnent, nous choquent dans ce Douala crasseux.

  7. Emile, tout le monde veut ramener le Douala des années 1970. Malheureusement nos quartiers ont changé. La réalité est autre chose. Douala, la vraie, la profonde, ressemble aujourd’hui à une poubelle. Il faut juste que nous nous impliquons aussi Emile. Merci de ton passage !

  8. Il en faut davantage pour sensibiliser les autorités à Douala comme dans d’autres grandes villes du Cameroun, d’Algerie …
    Merci pour cet éveil … visuel.

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